Algérie – Rapports EIT – 14 octobre 2019

18 octobre, 2019

Le gouvernement intérimaire en Algérie, chargé soi-disant de gérer les affaires courantes, veut mettre en oeuvre des contre-réformes extrêmement importantes. Un budget 2020 d’austérité qui supprime la règle des 51/49 (soit 49% de capitaux étranger et 51% de capitaux algérien) et une loi sur les hydrocarbures. Ces mesures ouvrent en réalité la voie à une pénétration accrue du capital étranger. Dès l’annonce de ce projet les réactions ont été vives. Dans les manifestations de vendredi 11 octobre, aux mots d’ordre habituels pour la libération des prisonniers politiques et le rejet de la présidentielle, se sont ajoutés massivement des slogans contre la loi des hydrocarbures : « l’Algérie n’est pas à vendre ! ».

Samedi 12 octobre, le Parti des travailleurs a publié une déclaration sur ces questions. Nous attirons l’attention sur la fin de cette déclaration qui établit le rapport entre l’Assemblée constituante, la souveraineté du peuple et la souveraineté sur les richesses du pays.

Dimanche 13 octobre, pour la première fois des manifestations ont eu lieu – alors que jusqu’à présent elles n’avaient lieu que le vendredi et le mardi et que le dimanche est le premier jour de travail de la semaine. Dans toutes les villes d’Algérie, on a manifesté contre la loi sur les hydrocarbures. A Alger, ils étaient des milliers et des milliers à chercher à atteindre l’Assemblée nationale : « Bande de traîtres, vous vendez la nation ! ».

Ce même jour, le gouvernement a adopté le projet de loi sur les hydrocarbures qu’il entend soumettre au vote de l’Assemblée nationale. Cela provoque une crise, y compris au sein du régime. Benflis, l’ex-Premier Ministre de Bouteflika et candidat à la présidentielle du 12 décembre demande un report de la loi. Le RND, l’un des deux partis qui contrôlent l’Assemblée nationale aux ordres du régime, demande également un report. L’autre parti du régime, le FLN, appelle à la prudence. De nombreux responsables politiques prennent position contre. Des experts et des spécialistes de l’énergie condamnent. La presse – sauf celle aux ordres – multiplie les articles en s’interrogeant sur le pourquoi, à 8 semaines des élections présidentielles, vouloir faire passer cette loi en force.

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